Face à la violence, le sport ne peut rester silencieux
Les images de violence, les dégradations, les affrontements auxquels nous assistons nous choquent et nous inquiètent. Ils nous interrogent aussi sur l’état de notre société et sur le malaise qui traverse une partie de notre jeunesse.
Soyons clairs : aucune colère, aucune frustration, aucune revendication ne peut justifier la violence.
Mais condamner ne suffit pas. Il faut aussi chercher à comprendre, écouter et, surtout, agir.
En tant que président du Comité départemental olympique et sportif de Vaucluse, je suis convaincu que le mouvement sportif a une responsabilité particulière dans cette période de tensions.
Parce que le sport n’est pas seulement une affaire de compétition ou de résultats. Il est aussi, et peut-être avant tout, une école de la vie. Dans nos clubs, chaque semaine, des femmes et des hommes bénévoles donnent de leur temps pour transmettre bien plus qu’une technique : ils apprennent à nos jeunes le respect des règles, celui de l’adversaire, le goût de l’effort, la maîtrise de soi et le sens du collectif.
Ces valeurs, notre société en a aujourd’hui plus que jamais besoin.
Dans le prolongement de l’appel lancé par Amélie Oudéa-Castéra, présidente du Comité national olympique et sportif français, je veux m’adresser directement à tous les acteurs du sport vauclusien : présidents de comités, dirigeants associatifs, éducateurs, entraîneurs, arbitres et bénévoles.
Ne restons pas silencieux.
Prenons quelques minutes, au début d’un entraînement, d’un stage ou d’une rencontre, pour parler avec nos jeunes. Pour les écouter vraiment. Pour entendre leurs inquiétudes, leurs incompréhensions, parfois leur colère. Et pour leur dire avec force que la violence n’est jamais une solution.
Il ne s’agit pas de leur faire la morale. Il s’agit de leur tendre la main.
Le sport ne peut pas tout. Il ne remplacera jamais les familles, l’école, les institutions ou les politiques publiques. Mais nous avons le devoir de prendre notre part. Nos clubs sont des lieux de proximité, de rencontres et de fraternité, parfois parmi les derniers espaces où des jeunes d’origines et de milieux différents apprennent à se connaître, à se respecter et à avancer ensemble.
Dans une société qui semble parfois se fragmenter,
le sport doit rester ce qui nous rassemble.
À tous les jeunes du Vaucluse, je veux dire ceci : votre parole compte, vos inquiétudes méritent d’être entendues, votre avenir nous concerne tous. Mais la violence ne fera jamais avancer vos aspirations.
À tous les dirigeants, éducateurs et bénévoles, je lance cet appel : continuons à être des passeurs de valeurs, des créateurs de liens et des artisans de fraternité.
Notre responsabilité n’est pas seulement de former des sportifs.
Elle est aussi de contribuer à former des citoyens.
Roland Davau
Président du Comité départemental olympique et sportif de Vaucluse


.png)



Commentaires